L'escalier de Cristal

De Marc Maison - Japonisme.

Les pièces d'exception

Un guéridon circulaire japonisant de l'Escalier de Cristal

Une table à thé à décor laqué de l'Escalier de Cristal


Historique de la Maison de l'Escalier de Cristal

Cette célèbre maison d'édition de petits objets décoratifs est créée en 1804[1] par Mme veuve Barthélémy Desarnaud au n° 162 et 163, Galerie de Valois. Vers 1830, la maison est cédée à un certain Boin, tailleur de la galerie de Valois. En 1840, Pierre-Isidore Lahoche rachète l'Escalier de Cristal puis s’associe à son gendre, Emile-Augustin Pannier, pour créer la Société Lahoche et Pannier en 1852. Cette dernière devient Pannier, Lahoche et Cie en 1867, lorsque Pierre-Isidore Lahoche se retire des affaires, laissant seul son gendre à la direction de l'affaire. A la fin de l'année 1872[2], le magasin est déménagé de son emplacement d'origine pour se rapprocher de ce qui était alors le nouveau centre névralgique de Paris, à l'angle des rues Auber et Scribe, à deux pas de l'Opéra Garnier. Le 27 novembre 1885[3], la société est désormais dirigée par Georges et Henri, fils d’Emile Pannier : la Société Pannier Frères est ainsi créée. Henri Pannier assure dès lors la direction artistique de la maison tandis que Georges se charge de l'aspect financier.

A la fin des années 1880, les deux frères ajoutent une nouvelle branche à leur activité. La création mobilière fait son apparition et donnera naissance à plusieurs modèles d'un luxe et d'une qualité rarement égalés. La grande spécialité de l'Escalier de Cristal sera le mobilier d'inspiration extrême-orientale, même si les frères Pannier surent également produire du mobilier classique. Digne héritière des marchands-merciers du XVIIIè siècle, la maison de l'Escalier de Cristal compte de nombreux collaborateurs à l'intérieur comme à l'extérieur de ses murs. Bronziers, ébénistes, laqueurs et peintres, parmi tant d'autres, sont chargés de la réalisation des innombrables objets décoratifs qui ornent ses magasins. Face à ces créations luxueuses, Georges et Henri Pannier se sont attachés à fabriquer du petit mobilier courant, toujours d'une grande qualité et extrêmement raffiné. La table à thé et le guéridon circulaire que nous vous présentons ici font partie de cette catégorie.

L'Escalier de Cristal participa activement au développement du goût pour l'Extrême-Orient en éditant des petits objets décoratifs et du mobilier de luxe dans le style dit « japonisant ».

L'Escalier de Cristal, maison ayant fait les beaux jours du style alors appelé « japonisant », ferme définitivement ses portes en 1923[4].

L'Escalier de Cristal de Pannier et Lahoche expose à l'Exposition Universelle de 1851 au Crystal Palace à Londres, puis à celle de 1862, dans la même ville.


Notes et références

  1. La mention « Maison fondée en 1804, au Palais Royal » est inscrite sur une carte publicitaire de l'Escalier de Cristal se trouvant au dos d'un dessin d'Émile Gallé et conservé au Musée d'Orsay (Inv. ARO 1986-226 102).
  2. FLAVIER, « Les nouveaux magasins de l'Escalier de Cristal », in l'Illustration, 7 décembre 1872, p. 363.
  3. THIEBAUT Philippe, Catalogue sommaire illustré des arts décoratifs, Paris, 1988. Il y mentionne un acte conservé aux Archives de la Seine constituant la société en commandite et portant cette date.
  4. Les différents jalons chronologiques concernant cette maison ont été clairement établis par Philippe Thiébaut dans deux articles : « Contribution à une histoire du mobilier japonisant : les créations de l'Escalier de Cristal », in Revue de l'Art, n° 85, 1989, p. 76-83 et Catalogue sommaire illustré des arts décoratifs, Paris, 1988.
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