Auguste et Louis Majorelle à Nancy

De Marc Maison - Japonisme.

Les pièces d'exception

Une table à thé en laque incrustée de Louis Majorelle

Une Vitrine de collectionneur au grand dragon

Historique de la Maison Majorelle

Piano à décor de laque incrustée par Auguste Majorelle et Mangeot Frères
Exposition Universelle de 1878 à Paris
Cliché Studio Image
© Musée de l’École de Nancy
Le chantre de l'Art Nouveau nancéien fut également, à ses débuts, un représentant important de l'inspiration extrême-orientale dans les arts décoratifs. Avant lui, son père, Auguste, s'était également illustré dans la technique des meubles en Vernis Martin.

Tout d'abord faïencier à Lunéville, il déménage pour la ville de Toul, en Meurthe-et-Moselle, en 1858. Louis Majorelle naît dans cette ville en 1859. A cette époque, en plus de son activité de faïencier, le contrat de mariage d'Auguste le qualifie de « décorateur sur meuble » et « fabricant de meubles laqués ». Son activité consiste alors à orner les meubles à l'aide de la technique du Vernis Martin et de les décorer à la manière extrême-orientale. Cette pratique, très répandue en France au milieu du XVIIIè siècle, fut relativement abandonnée vers 1770 et oubliée pendant tout le XIXè siècle. Après les réalisations du Second Empire, les créations d'Auguste Majorelle signèrent donc la renaissance de cette technique.

Le chef-d’œuvre d'Auguste Majorelle en Vernis Martin est le grand piano à queue conservé aujourd'hui au Musée de l’École de Nancy. Réalisé par la Maison Mangeot de Nancy, ce piano fut exposé à l'Exposition Universelle de Paris en 1878. A cette occasion, Auguste Majorelle dépose un Brevet d'Invention pour une technique d'incrustation de faïence sur un décor de laque dont le piano mentionné ci-dessus est l'exemple le plus connu et le plus exceptionnel. Auguste Majorelle meurt peu de temps après et son fils, Louis, s'inscrit dans la lignée paternelle en continuant la création de meubles laqués. A l'Exposition Universelle de 1889, il en présente différents exemplaires et est encensé par les différents rapporteurs pour la qualité de ses réalisations.

Lorsque Auguste Majorelle meurt en 1889, Louis n'a que vingt ans et suit sa formation à l’École des Beaux-arts de Paris. Sa mère le rappelle donc à Nancy et va le former auprès des vingt employés de l'atelier. L'activité est alors distribuée autour de trois pôles : la céramique, la petite ébénisterie et la copie de meubles de style. La deuxième catégorie est celle qui nous intéresse le plus en regard de la place de la Maison Majorelle dans la création de mobilier d'inspiration extrême-orientale.

Louis Majorelle installe une succursale à Paris, au 56 rue du Paradis, en 1886. Dans le Didot-Bottin des années suivantes, il est répertorié dans la catégorie des « Meubles en Vernis Martin ». La production des meubles laqués de Majorelle semble se prolonger jusqu'en 1894 au moins.

En parallèle à cette production de meubles laqués, la maison Majorelle s'est également illustrée dans la fabrication de meuble en bois sculpté d'inspiration japonisante et chinoisante. Une photo ancienne reproduite dans l'ouvrage de Roselyne Bouvier consacré aux Majorelle nous montre l'intérieur d'une des boutiques de Louis Majorelle. L'étude de cette photographie nous permet d'appréhender plus concrètement quels types de meubles pouvaient y être proposé à la vente à la fin du XIXè siècle. Sur cette photographie apparaît notamment une sellette à têtes d'éléphant nous paraissant extrêmement proche de celle que nous vous présentons ici.

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